Assez de provocations ! Régularisation de tous les sans-papiers !

Publié le par npa

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Après Besson et Hortefeux, c’est au tour de Xavier Darcos, en bon petit soldat du sarkozysme, de venir nous jouer sa partition anti-immigrés.

 

Xavier Darcos, ministre du Travail, «menace» de fermeture administrative les entreprises qui font appel à des travailleurs sans papiers. Une telle décision, si elle était sérieusement envisagée, aurait pour effet de paralyser une grande partie de l’économie et la fermeture immédiate de centaines d’entreprises du BTP, du nettoiement ou de la restauration. Qui peut croire un instant que ce gouvernement au service des patrons veuille prendre des mesures pour faire respecter les droits des salariés et lutter contre le travail au noir? Qui peut croire un instant que ceux-là mêmes qui organisent le dumping social, les délocalisations, la mise en compétition entre salariés, les heures supplémentaires non payées, en fin de compte la baisse générale du «coût de la force de travail» voudraient tout à coup rétablir des règles sociales qu’ils s’évertuent depuis toujours à mettre en cause pour protéger et accroitre leurs profits?

 

La déclaration du ministre du Travail, suivie de quelques heures par celle d’Éric Besson, annonçant une circulaire permettant la régularisation de tout au plus 1000 travailleurs sans papiers, sont une seule et même opération, parfaitement dans la continuité du fumeux débat sur l’identité nationale. Alors que des régions entières sont touchées de plein fouet par les effets de la crise, que les plans de licenciements pleuvent et que la casse des services publics rencontre une hostilité croissante dans la population, la droite à recours à la bonne vieille recette du bouc émissaire en s’en prenant aux immigrés.

 

Dans un tel contexte, la grève des travailleurs sans papiers est un exemple pour tous. Depuis sept semaines, ils luttent avec courage et détermination pour imposer leurs droits, en dépit des provocations patronales et policières, et du quasi mutisme des médias. L’existence de comités de soutien, d’un cadre unitaire et de réunions hebdomadaires des délégués, des piquets de grève ont permis d’organiser efficacement la solidarité. La mobilisation ne faiblit pas et le nombre des grévistes s’élève à plus de 5200.

 

Pour autant, le gouvernement, après avoir concédé quelques avancées sur les conditions de régularisation des intérimaires et des agents de sécurité, vient de décider unilatéralement de rompre les négociations et de s’en tenir à une circulaire qui ne concernerait qu’un millier de salariés. Il s’agit là d’une véritable provocation, à l’encontre des grévistes, mais également des organisations, partis et syndicats qui les soutiennent. C’est, au-delà des travailleurs sans papiers, l’ensemble du mouvement ouvrier qui est visé dans ces attaques.

 

Face à l’intransigeance du patronat et du gouvernement, il est urgent de renforcer la lutte en lui donnant les moyens de s’étendre et de renforcer les liens avec la population. Une grande initiative centrale s’impose aujourd’hui pour donner plus de visibilité au mouvement et pour que les grévistes se rencontrent, comme cela avait été le cas à l’occasion des deux meetings organisés lors de la grève des travailleurs sans papiers de l’an passé.

 

Enfin, il est temps d’organiser la convergence des différents fronts de lutte pour la régularisation de tous les sans-papiers. Les combats menés par RESF pour les droits des enfants et des familles, celui des collectifs regroupés au sein du ministère pour la Régularisation de tous les sans papiers, comme celui des grévistes d’Ile-de-France se rejoignent.

 

L’appel de l’UCIJ à manifester, dimanche 29 novembre à Paris, va dans ce sens. Il permettra à toutes celles et tous ceux qui en ont marre des contrôles au faciès, de la xénophobie et du racisme d’État, des centres de rétentions et de la traque aux sans-papiers, de se retrouver aux côtés des grévistes. Il est temps que la peur change de camp!


Alain Pojolat


Ucij: "Uni(e)s contre l’immigration jetable" est un collectif unitaire qui regroupe plus de 70 associations, partis et syndicats.

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F
<br /> <br /> <br /> On bosse ici, on vit ici, on reste ici   !<br /> <br /> <br /> Depuis le 12 octobre, à l’initiative du collectif formé par la CGT, la CFDT, Solidaires, la FSU, l’Unsa, RESF, la Cimade, la LDH, Femmes Égalité, Autre Monde, Droits Devant !!, un mouvement<br /> social sans précédent avec occupation de leur lieu de travail, de plus de 4 000 sans-papiers grévistes, dont de nombreux « travailleurs isolés » s’est développé. Il démontre que les sans-papiers<br /> sont résolus à défendre des droits qu’une économie mondialisée leur dénie.<br /> <br /> <br /> L’exploitation d’une main-d’œuvre précarisée et fragilisée de sans-papiers est rendue possible par un gouvernement hypocrite et raciste, qui incite les patrons à transiger avec le droit du<br /> travail et à accuser l’immigration d’être à l’origine de la crise pour éviter d’en désigner les véritables responsables. Comme l’explique Gary Diabate, sans-papiers en lutte de Vitry-sur-Seine<br /> « Notre lutte concerne tous les travailleurs. Les droits des travailleurs français reculent aussi, grâce à la pression vers le bas qu*fexerce l*fembauche de sans-papiers. Les sans-papiers<br /> n*font pas de salaire minimum. Cela aide les patrons pour baisser les salaires des Français ».<br /> <br /> <br /> Malgré la pression policière sur les sites en grève, les tentatives d’expulsion et d’intimidation, leur détermination reste intacte. Le gouvernement fait tout pour affaiblir et diviser le<br /> mouvement. Il a violemment réprimé un syndicaliste CNT Porte-de-Charenton. Il a expulsé les sans-papiers qui occupaient l’agence d’intérim Synergie à Paris. Les grévistes se sont simplement<br /> répartis sur d’autres sites. Chaque jour un nouveau site est occupé : on est passé de 30 au début du mouvement à plus de 40 entreprises occupées en région parisienne actuellement.<br /> <br /> <br /> Les sans-papiers de Vitry, qui ont choisi d’occuper un centre des impôts, veulent souligner la complicité de l’État qui perçoit en toute connaissance de cause impôts et cotisations sociales.<br /> <br /> <br /> À nous de leur laisser la parole et de mener le combat pour construire la mobilisation unitaire la plus large possible contre une politique indigne. Dans les syndicats, les associations, à<br /> gauche, il faut développer le soutien le plus large, faire comprendre que « leur » lutte est notre lutte « à tous ». Notre solidarité de classe sera décisive pour stopper cette politique de la<br /> honte.<br /> <br /> <br /> Paroles de sans-papiers :<br /> <br /> <br /> Badiaga, Camara, Doukouré, Dramé, Gakou, Kouyaté, Siby, Sylla, délégués des grévistes de la Seni, entreprise du nettoyage au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), syndiqués à la CGT.<br /> <br /> <br /> Nous, les délégués représentants des grévistes de la Seni, nous revendiquons la régularisation de tous les travailleurs sans papiers, et le plus vite possible. Nous ne sommes pas là pour<br /> détruire, nous nous battons pour nos droits. Nous travaillons sans papiers, sans sécu depuis tant d’années… Il est temps ! Nous sommes partis à 180 grévistes la semaine dernière, et nous sommes<br /> aujourd’hui 263.<br /> <br /> <br /> Comment expliquez-vous cet élargissement ?<br /> <br /> <br /> La lutte est partie de ceux qui sont actuellement sous contrat avec la Seni, mais nous avons parmi nous des camarades qui ont été embauchés par le passé pour des missions courtes. Dans notre<br /> piquet de grève, quelques camarades ne sont pas actuellement employés par la Seni. Certains ont été licenciés, parfois depuis cinq ans. Parmi nous quelques-uns sont en cours de régularisation.<br /> Les préfectures ne donnent aucune réponse depuis six mois ou plus. Elles bloquent manifestement les dossiers, surtout celles du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis. La direction de la Seni dit<br /> avoir envoyé les dossiers et nous montre même des documents censés le prouver. Pourtant, des camarades se présentent en préfecture et s’entendent dire que leur dossier n’a pas été déposé. En<br /> fait, la direction et les préfectures nous mènent en bateau. Nous voulons que la direction débloque la situation. En attendant, nous resterons là. Nous sommes déterminés.<br /> <br /> <br /> Le mouvement revendique une circulaire de régularisation...<br /> <br /> <br /> Si une circulaire est gagnée, nous voulons qu’elle soit en notre faveur, qu’elle reconnaisse les sans-papiers qui vivent et travaillent ici, payent leurs impôts. Sans discrimination, même<br /> ceux qui n’ont travaillé qu’un an. Nous ne sommes pas en grève seulement pour nous. Nous voulons des papiers pour tous les travailleurs, même ceux qui travaillent au noir.<br /> <br /> <br /> Qu’attendriez-vous de comités de soutien?<br /> <br /> <br /> Nous attendons qu’ils nous aident à débloquer la situation. En faisant signer les pétitions, en collectant des fonds de solidarité, en participant nombreux à nos manifestations. Parmi nous,<br /> certains sont parents d’élèves : nous comptons sur le soutien du RESF, qui peut mobiliser les autres parents d’élèves et les enseignants.<br /> <br /> <br /> Pourquoi la régularisation est-elle une revendication syndicale ?<br /> <br /> <br /> Hier, avec la CGT, nous avons créé un syndicat des travailleurs de la Seni, avec ou sans papiers. Nous avons élu nos représentants. La lutte principale, c’est actuellement les papiers. À<br /> partir de là, nous voulons mettre en avant le droit au logement, l’augmentation des salaires, la reconnaissance du droit à la retraite, le respect de nos jours de repos, le droit aux congés<br /> maladie, la reconnaissance des accidents du travail… Toutes choses que les tôliers refusent aux sans-papiers. Nous voulons que tout le monde puisse vivre dignement dans cette terre des droits de<br /> l’homme.<br /> <br /> <br /> Sadio Dianka a 41ans. Il est venu du Mali en 2000 et travaille dans les travaux publics. C’est avec les papiers d’un de ses cousins qu’il est employé en toute connaissance de sa<br /> situation par la Suburbaine, l’entreprise de construction du tramway parisien.<br /> <br /> <br /> « Dès que le mouvement a été lancé, je m’y suis engagé, et j’irai jusqu’au bout. Depuis que je suis en grève, je n’ai plus peur, et je me bats pour mes droits et mon avenir. La présence des<br /> syndicats et des soutiens nous donne du courage. Même si nous sommes expulsés, nous sommes déterminés à occuper ailleurs ! Les patrons ont besoin de nous. Il y en a un qui a appelé cinq sociétés<br /> d’intérim sans trouver de main-d’œuvre à embaucher. Mais nous, grévistes, nous refusons de travailler dans la précarité, comme avant. Maintenant, ça suffit, nous voulons être régularisés.<br /> <br /> <br /> C’est important de créer le contact avec les autres piquets de grève, c’est par l’unité que nous serons plus forts. Il faut également discuter avec nos camarades du ministère de la<br /> Régularisation, qui mènent une autre forme de lutte pour la même chose, vivre ici dans le respect et la dignité. Nous devons nous soutenir les uns les autres et nous entraider. »<br /> <br /> <br /> Mamadou P. a quitté le pays Dogon pour venir en France. Il occupe, avec plus de 2 000 sans-papiers, le local de la CPAM, rue Baudelique à Paris depuis le 17 juillet 2009.<br /> <br /> <br /> « J’ai exercé plusieurs métiers au Mali, dont instituteur et entraîneur de foot. Ma situation s’étant dégradée, j’ai décidé de tenter ma chance en France. Mais, ici, je n’ai eu droit qu’à des<br /> boulots pénibles qui ne correspondaient pas à mes aspirations. Actuellement, je travaille dans le secteur de la restauration pour un patron qui se doute certainement de ma situation. C’est ce qui<br /> m’a déterminé à rejoindre la lutte au sein d’un collectif de sans-papiers. À la fin de ma journée, je suis des cours pour passer mon brevet, puis, j’espère, mon bac. Je rentre ensuite au<br /> ministère de la Régularisation de tous les sans-papiers. C’est une lutte dure, qui se prolonge, il faut faire des efforts pour tenir le coup. La présence des soutiens est très importante. Je suis<br /> solidaire des travailleurs en grève. Nous avons un même but, et je pense que toutes les façons<br /> <br /> <br /> <br />
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S
<br /> Soutien à tous les sans papiers, travailleurs, migrants, étudiants, tous dans la même galère et tous dans le même droit de vivre et de travailler ou bon leur semble. C'est leur planète autant que<br /> la notre alors arrêtons avec les quotas, la politique d'immigration choisie...Une chose est certaine c'est que nous on ne choisie pas cette politique raciste et discriminante, par contre on peut<br /> choisir de mettre un bon coup de pied aux fesses de Besson et Hortefeux!<br /> <br /> <br />
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